A partir d’un an, sauf maladies ou allergies particulières, il n’y a plus aucun interdit alimentaire. Profitez-en pour faire de votre enfant un gourmet et éduquez-le, le plus tôt possible, à une alimentation variée et équilibrée.

Le goût s’éduque : proposez, variez et persévérez

Comme tous les autres sens, le goût s’éduque et évolue au fur et à mesure des expériences. La meilleure façon de procéder est de proposer régulièrement des plats et des saveurs différentes. N’hésitez pas à utiliser des aromates, des épices douces, des condiments, que vous lui ferez sentir auparavant. Faites-lui goûter une goutte de vinaigre ou de jus de citron sur le doigt. En résumé, développez sa curiosité.

Bien souvent, à partir d’un an et demi, votre enfant rejettera un aliment qu’il ne connaît pas : c’est ce que l’on appelle la néophobie. Ne renoncez pas pour autant. Proposez-le de nouveau quelques semaines plus tard, éventuellement cuisiné différemment. Par exemple, s’il n’a pas aimé les haricots verts chauds, servez-les froids en vinaigrette la fois suivante. Vous aurez la surprise de découvrir qu’au bout d’un certain nombre de fois, il se sera mis à apprécier certains plats qu’il détestait. Et vice-versa. Patience !

Obligation de goûter mais pas d’aimer

Vous n’aimez pas tout, lui non plus : éduquer le goût, c’est développer des préférences ! Lorsque vous lui proposez un aliment nouveau, ou un aliment qu’il n’aime pas, servez-lui une petite quantité et obligez-le à manger seulement une ou deux bouchées. S’il n’apprécie pas, ne le forcez pas et continuez le repas normalement, sans le punir ni le menacer.

Astuce de maman : il sera d’autant plus enclin à faire des expériences qu’il aura faim ! Proposez donc la nouveauté en début de repas, ce sera plus efficace. Ne mélangez pas les aliments afin qu’il identifie séparément les goûts. La courgette n’a pas naturellement le goût de poisson, ni le jambon le goût de carotte !

Ne cédez pas aux caprices

S’il refuse de manger les épinards que vous avez servis avec la viande, vous ne devez pas vous précipiter à la cuisine pour faire cuire des pâtes ou ouvrir un paquet de chips. Vous ne le laisserez pas se gaver de pain ni se resservir de ce qu’il aime à la place, il n’aura pas deux desserts parce qu’il a encore faim et il n’aura pas son goûter une heure après le déjeuner parce qu’il n’a rien mangé... Il doit apprendre que l’on mange aux heures des repas et non pas n’importe quand et que vous ne vous adapterez pas à ses caprices. Ne craignez rien, il se couchera peut-être une ou deux fois sans être rassasié, mais il comprendra vite. Il ne se laissera pas mourir de faim !

La valeur de l’exemple : copains, parents, repas en famille
Plus votre enfant vous verra manger de tout, plus il sera incité à en faire de même. D’où l’intérêt de prendre autant que possible les repas en famille et d’adopter pour tous une alimentation variée. Si vous ne mangez jamais de légumes, n’espérez pas qu’il apprenne à les aimer… Vous aussi, profitez-en pour rééduquer votre goût et redécouvrir des saveurs oubliées.

Astuce de maman : invitez un copain qui adore les brocolis alors que votre enfant les déteste. Vous serez étonnée de voir votre enfant, désireux d’imiter son petit camarade, goûter volontiers aux brocolis et, qui sait, peut-être même en redemander !

Associez-le aux courses et à la confection des repas

Petit, votre enfant s’intéresse à tout ce que vous faites : c’est l’occasion de l’impliquer dans la préparation des repas. Cultivez avec lui des aromates en pot sur le balcon, quelques tomates cerise, plantez des légumes si vous avez un jardin. Au marché, il s’intéressera aux nombreux aliments exposés et vous demandera d’acheter ce qui le tente. A la maison, il adorera apprendre à casser les œufs, peser la farine, pétrir une pâte, piquer le fond d’une quiche, découper des biscuits avec des emporte-pièces, faire tourner l’essoreuse à salade et toutes les petites tâches culinaires sans risque pour lui (ne lui confiez jamais de couteau et ne le laissez pas s’occuper des ustensiles de cuisson qui pourraient le brûler). Montrez-lui tout ce que l’on met dans le plat du prochain repas, pour qu’il identifie bien les aliments. Comment pourrait-il ensuite refuser de goûter ce qu’il a lui-même planté, choisi ou préparé ?

Repas = détente et plaisir

Quoi qu’il arrive, vous ne devez pas faire du repas un moment de tension. Ce serait le meilleur moyen de rendre votre enfant définitivement réfractaire. Faites-en au contraire un moment privilégié de découverte et de convivialité : parlez avec lui, faites-le rire, expliquez ce qu’il y a dans le repas que vous avez préparé, apportez un aspect ludique dans la présentation du repas et dans sa description, détendez-vous et détendez-le. Si vous vous inquiétez ou vous fâchez au sujet de la nourriture, il va vite comprendre qu’il tient là un fantastique moyen de pression sur vous, et croyez bien qu’il va en profiter ! Restez zen, pas de stress ni de colère.

Rappelez-vous : vous avez l’impression qu’il ne mange pas assez, mais il grandit normalement ? Tout va bien...