
Le lait maternel couvre l’ensemble des besoins nutritionnels du nourrisson en bonne santé jusqu’au sixième mois. Il est utilisé comme modèle pour la fabrication des formules industrielles.
Le lait maternel est plus qu’un aliment, c’est un système nutritionnel complet, adapté à la croissance et au développement du nourrisson, dont la composition évolue tout au long de la durée de l’allaitement.
Les premiers jours, la sécrétion de lait présente des caractéristiques particulières, c’est ce que l’on appelle le colostrum. Celui-ci apporte moins de calories que le lait mûr mais contient une plus forte concentration de sodium, chlore et potassium. Il est hyper-protéique par rapport au lait normal, ce qui favorise l’augmentation des immunoglobulines (anticorps) qui constituent les défenses immunitaires du nouveau-né.

Conseils pour bien allaiter
Le désir de la mère de donner le sein.
Pour que l’allaitement débute et se fasse naturellement, il est nécessaire que, pendant et après la grossesse, les mères puissent compter sur l’appui actif de leur famille et de leur entourage mais aussi de tout le personnel médical qui les assiste. N’hésitez pas à le solliciter afin qu’il vous facilite l’information et vous transmette les conseils pratiques pour que l’allaitement s’initie et se déroule dans de bonnes conditions.
Il faut savoir que l’allaitement demande de l’énergie à la maman qui doit pouvoir se reposer le plus souvent possible pour conserver ses forces.
Votre bébé ne pourra que mieux se développer si vous désirez réellement allaiter et êtes heureuse de le faire. Donner le sein contre son inclination naturelle, simplement parce que l’on croit que c’est une obligation de mère, n’est absolument pas bénéfique pour le bébé.
Le lait maternel est le meilleur élément nutritionnel pour les nouveaux-nés pendant les premiers 4 à 6 mois de vie.
Les enfants allaités au sein présentent dans l’enfance moins de maladies contagieuses et semblent à l’âge adulte mieux protégés contre le diabète et l’obésité… Le lait maternel stimule les défenses immunitaires du nourrisson, réduit le risque d’allergie et favorise les liens affectifs et physiques étroits et fréquents entre la mère et son enfant. Pour les mères, le fait d’avoir allaité réduit le risque d’ostéoporose et de cancer du sein à l’âge mûr.
Position du bébé
Pour initier l’allaitement, il convient de placer le corps du bébé face à vous, mammelon à hauteur de la lèvre supérieure pour qu’il puisse téter en ayant le cou droit sans devoir le tourner ou le plier. Il doit prendre en bouche toute l’aréole pour éviter les crevasses.
Les premières tétées sont rapides et superficielles car elles sont destinées à déclencher la montée de lait. Quand le lait commence à couler, le rythme de succions change, avec des tétés lentes et profondes.

La montée de lait n’est pas suscitée par la succion mais plutôt par les mouvements péristaltiques de la langue qui presse les seins vers le haut. Pour que la langue puisse se placer sous l’aréole, la bouche doit être grande ouverte et le téton à la hauteur de la lèvre supérieure de l’enfant. Vous pouvez l’aider en pressant son menton délicatement vers le bas. Vous pouvez également l’aider en vous inclinant vers lui, pour détendre un peu votre poitrine et permettre à votre bébé de téter plus facilement. Vous devez être confortablement assise. Pour soulager vos bras du poids du bébé, vous pouvez le surélever sur un coussin posé sur vos genoux. N’hésitez pas à caler votre dos avec des coussins spéciaux pour l’allaitement.
Certaines mamans aiment aussi s’allonger le long de leur bébé, le buste soulevé sur un coude et légèrement penché en avant. Le sein se place alors naturellement dans la bouche du bébé.
Une position inadéquate au moment de la tétée peut provoquer des symptômes, douleurs aux mammelons ou crevasses et empêcher votre bébé de bien téter. Il peut devenir nerveux, inquiet, pleureur, réclamer le sein plus souvent, allant jusqu’à régurgiter.
Pour éviter les crevasses, étalez sur vos mammelons après la tétée, une goutte de votre lait, reconnu pour ses propriétés cicatrisantes et laissez sécher à l’air libre. Ne nettoyez pas votre mammelon avant les tétées, c’est inutile et irritant pour la peau (sauf si vous avez appliqué une crème, auquel cas vous passerez doucement sur vos mamelons une compresse imbibée d’eau minérale avant la tétée). Une douche par jour avec un savon doux suffit à une bonne hygiène.
Entre les tétées, veillez à garder vos seins au sec et à les protéger des frottements avec des compresses ou des coussins d’allaitement.
Les petits problèmes de l’allaitement
L’engorgement : lors de certaines montées de lait importantes, en particulier en début d’allaitement alors que votre bébé consomme encore de faibles quantités, il peut arriver un engorgement des seins, qui sont gonflés de lait, tendus et douloureux. L’inconfort peut être atténué par des douches chaudes sur les seins et par l’évacuation du lait à l’aide d’un tire-lait. Par la suite, le meilleur moyen de prévenir l’engorgement est de faire téter régulièrement votre bébé.

Les crevasses : il s’agit de gerçures du mammelon, liées soit à une position inadéquate lors des tétées, soit à une hygiène intempestive. Il peut aussi arriver que les bouts de sein n’aient pas une morphologie idéale en début d’allaitement. Ils se formeront au fur et à mesure des tétées, en persévérant. Si vous avez mal lors de l’allaitement, modifiez la position de votre bébé. En cas de crevasse avérée, vous pouvez aider la cicatrisation en appliquant de petites quantités de crème cicatrisante (type Bépanthène ou Avibon) sur votre mammelon après les tétées. Des “bouts de seins” en silicone pourront vous soulager durant les tétées le temps que la crevasse cicatrise et éviteront que votre bébé n’absorbe les traces de crème.
Quand commencer l’allaitement ?
Des études réalisées aux Etats-Unis, en Suède et au Canada assurent que les premières tétées effectuées dès les premières 60 minutes de vie de l’enfant sont associées à une durée plus longue de l’allaitement. On a également observé que ce contact précoce influence de manière positive le comportement des mamans envers leur bébé.
Durée des tétées
La croyance selon laquelle limiter le temps de succion, notamment les premiers jours, prévient l’inflammation des mammelons est erronée. De récentes études démontrent que l’inflammation du téton n’a pas de rapport avec la durée des prises. Votre enfant doit téter toutes les fois qu’il le souhaite et le temps qu’il veut, toujours en veillant à ce que sa position et la vôtre soient correctes.
Cependant, vous ne devez pas non plus devenir la tétine de votre enfant. Il est donc conseillé de respecter un intervalle minimal de 2h30 entre chaque tétée et d’arrêter lorsque votre enfant ne tète plus franchement mais s’endort ou “tétouille” sans conviction.
La composition du lait maternel évolue pendant la tétée et change également entre le début et la fin de l’allaitement. Il est donc important de ne pas restreindre la durée des tétées.

Plus votre enfant tète au début, plus rapide est votre production de lait. Vous ne devez pas vous préoccuper de la quantité de lait que vous produisez car c’est habituellement celle dont votre enfant a besoin.
En règle générale, laissez votre bébé téter le premier sein jusqu’à ce qu’il n’en veuille plus puis proposez-lui l’autre sein s’il le souhaite. On commencera par lui présenter ce dernier lors de la tétée suivante.
L’allaitement mixte
Certaines mamans souhaiteraient alterner l’allaitement au sein et au biberon de façon à pouvoir se libérer par moment, notamment la nuit.
La production de lait se fait de manière continue et efficiente de jour comme de nuit. Les tétées nocturnes procurent à l’enfant une proportion substantielle de son alimentation. Dans les premiers jours de sa vie, le bébé consomme le même volume de lait pendant les 12 heures nocturnes que pendant les 12 heures diurnes, c’est-à-dire la moitié de la totalité de ses besoins. Assouvir cet appétit avec les biberons conduit à réduire de façon importante la quantité de lait maternel absorbé et surtout à supprimer la montée laiteuse qui n’est plus suffisament stimulée par les tétées.
L’allaitement mixte est donc déconseillé tant que vous n’êtes pas décidée à sevrer votre bébé.
Si vous voulez vous décharger de certaines tétées, vous pouvez utiliser un tire-lait pour préparer des biberons de votre propre lait, que vous conserverez au maximum quelques heures au réfrigérateur. Le papa pourra les réchauffer et nourrir le bébé pendant que vous dormez… N’oubliez pas de stériliser le biberon et les ustensiles du tire-lait entre chaque utilisation (voir rubriques “stérilisation” et “allaitement artificiel”).
Peur de ne pas avoir assez de lait
Certaines mamans craignent de ne pas avoir suffisamment de lait et complètent les tétées avec des biberons. Sachez que la montée de lait est stimulée par les tétées. Plus votre bébé consomme de lait, plus vous en produisez. Compléter les tétées avec des biberons est donc le plus sûr moyen de casser votre montée de lait.

Parfois, il arrive que le nouveau-né n’ait pas assez de force pour téter le sein (prématurés, petits poids de naissance…). Dans ce cas, la montée de lait n’étant pas assez stimulée, elle peut être chancelante et risque de disparaître. Utilisez un tire-lait et donnez votre propre lait au biberon, pour lui faciliter la tâche, jusqu’à ce que votre bébé soit assez costaud pour se débrouiller tout seul au sein. N’oubliez pas de stériliser le biberon et les ustensiles du tire-lait entre chaque utilisation (voir rubriques “stérilisation” et “allaitement artificiel”).
Peur d’avoir trop de lait
Certaines mamans ont une montée de lait véritablement spectaculaire, alors que d’autres ont des difficultés à allaiter ou doivent respecter une contre-indication médicale (prise de médicaments anti-épileptiques ou autres…). Sachez que vous pouvez tirer votre excédent de lait et le donner à des structures qui en feront profiter les enfants (grands prématurés notamment) qui ont absolument besoin de lait maternel et que leur propre maman ne peut pas toujours assouvir.
Renseignez-vous auprès de votre maternité.
Alimentation de la maman durant l’allaitement
Pour assurer une qualité de lait optimale pour votre bébé et préserver votre énergie et votre santé, vous devez veiller à votre alimentation. Celle-ci doit être variée et équilibrée. Consommez suffisamment de fruits et légumes et de protéines (viande, poisson, laitages) ainsi que des féculents (pâtes, riz, pommes de terre, légumes secs).
La production de lait nécessite des apports très importants en calcium et en eau. Vous devez boire au moins 2 litres d’eau par jour (eau, thé, potages, infusions, lait…) et consommer des produits laitiers (1/2 litre de lait ½ écrémé par jour + yaourts + fromages).
L’alcool passe dans le lait maternel et votre bébé n’est absolument pas capable de le métaboliser. Vous devez donc éviter voire abolir toute consommation de vin, bière, cidre et alcools de toute nature durant votre allaitement. Il en est de même pour le tabac.
Enfin, après une grossesse, nombreuses sont les femmes qui veulent retrouver rapidement leur ligne. La période d’allaitement n’est pas propice à un régime restrictif. Vous pouvez cependant vous limiter sur les produits sucrés (patisseries, confiseries, sodas…) et sur les graisses (beurre, huiles, viandes grasses, mayonnaise, chips, crème fraiche, lait entier…) tout en conservant une alimentation parfaitement adaptée à l’allaitement.
Peut-on prendre des médicaments en allaitant ?
Certains médicaments passent dans le lait maternel, d’autres non. Vous ne devez prendre aucun médicament (même en vente libre en pharmacie) sans l’avis de votre médecin.